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Visite des Etablissements de Bellechasse

Dimanche 29 septembre 2013

Le jeudi 26 septembre 2013

Lieu :

Etablissements de Bellechasse

Programme :

  1. Accueil par Monsieur Fredy Benninger, gardien chef et Madame      Marlyse Duc, adjointe de la cheffe du secteur socio-éducatif  des EB et membre du comité de TU.
  2. Visite des Etablissements de Bellechasse.
  3. Présentation du service socio-éducatif des EB par Madame Valérie      Pétignat, cheffe du secteur .
  4. Mot du Directeur adjoint des EB, Monsieur Paul-André Morandi .
  5. Apéritif offert par les Etablissements de  Bellechasse.

Bilan de l’action :

L’action a été proposée par les membres et votée en assemblée générale au mois de mars 2013. Nous tenons à remercier Marlyse Duc, membre du comité de Trait d’union et assistante sociale au sein du secteur socio-éducatif  des EB pour la  mise en œuvre et la coordination de l’action.

Les membres de Trait d’union ont eu l’occasion de visiter les différents secteurs des Etablissements pénitenciers de Bellechasse en présence de Fredy Benninger, gardien chef et de Madame Marlyse Duc, intervenante sociale. Le double regard de « l’agent de détention » et de la «  travailleuse sociale » fut des plus intéressants pour mettre en exergue les enjeux du quotidien au sein de la prison (cohabitation et promiscuité entre les détenus d’origines culturelles très différentes, articulation souvent paradoxale entre les objectifs de sécurité et de réinsertion, conflit d’intérêt entre la prise en compte des  besoins du groupe et de l’individu). Les membres ont pu traverser différents  secteurs des établissements   - ouvert, semi-ouvert et celui des EPA prévus pour l’exécution anticipée de peines privatives de liberté inauguré en 2010 – et traverser plusieurs infrastructures – halle de gym, différents ateliers, cours de promenade, salle de loisirs, parloirs.  Les membres ont pris la mesure de la complexité de gérer l’emploi du temps de près de 200 personnes dans des régimes de détention différenciées.

Par la suite, Monsieur Paul-André Morandi a tenu à nous souhaiter la bienvenue au nom de la direction Monsieur Franz Walther. Il a rappelé la grande mission des EB : exécution des peines et des mesures pénales de sûreté, ce qui implique l’obligation au travail, les soins et la formation durant la détention en vue de la resocialisation et de la réinsertion des détenus. Il a tenu à souligner la qualité de l’outil à disposition en particulier en lien aux ateliers et au domaine agricole à disposition.

Sans relativiser la qualité du travail de réinsertion sociale accompli, Madame Valérie Pétignat, cheffe du secteur socio-éducatif, a rappelé quelques éléments statistiques en lien à la population accueillie. Il s’agit en majorité d’une population de jeunes hommes adultes, condamnés pour des  affaires de stupéfiants. Près de 50 nationalités différentes sont représentées. Près de 2/3 des détenus ne se réinséreront pas en Suisse. Dans ce sens, le travail sur la sortie et sur les relations sociales en devient complexe et peu aisé. Les tâches des intervenant-e-s sociaux-ales se partagent entres des fonctions plus administratives – clarification de la situation personnelle à l’entrée, aide et soutien administratif, lecture des courriers entrants et sortants, collaboration avec les éventuels réseaux extérieurs -  des fonctions d’animation et de coordination – mise en place de certaines activités de loisirs (concerts, atelier créatifs, fêtes) – et surtout des  fonctions importantes d’écoute – passage dans les secteurs, repas en commun, travail éducatif sur le cadre et les règlements. Le secteur socio-éducatif est constitué d’environ 6 personnes.

Le temps de l’apéritif a été l’occasion de prolonger les échanges dans une ambiance constructive et toujours appréciée. La psychiatrisation des problématiques d’un grand nombre de détenus  a été relevée comme une des difficultés dans la prise en charge. Une demande de  budget  pour l’élaboration d’un projet d’unité thérapeutique de 60 places a été déposée auprès du conseil d’Etat. La question du banditisme organisé a été évoquée comme une pression supplémentaire en lien à l’insertion. Malgré l’engagement et la réussite dans un projet de formation de  certains détenus durant leur détention, le risque est grand qu’ils soient récupérés à leur sortie par des organisations criminelles (chantage aux familles, etc.)  L’absence de perspectives et le risque de renvoi  à la sortie rend la détention très difficile à vivre. Le renforcement des mesures de contrainte en lien à la politique d’asile ou à celle du droit d’habitation rend la fonction d’insertion quasi impossible parfois. Des projets en lien aux rétablissements des relations entre les pères et les enfants ont été évoqués. Par petits groupes, de nombreux autres sujets ont pu être abordés permettant de mieux comprendre la réalité de l’action sociale au sein d’un établissement comme Bellechasse.

Nous remercions vivement le personnel des EB et sa direction pour leur disponibilité, la clarté de leur propos et le partage de leur réflexion critique. Nous encourageons les membres de Trait d’union, présents ou non à la visite de  nous faire part de leurs commentaires quant à cette action ou à poser des questions complémentaires. Nous tenterons de les relayer à notre partenaire, entre autre du secteur socio-éducatif. Afin de prolonger votre réflexion, nous vous invitions à consulter ces quelques documents :

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Rencontre avec le secteur « Rue et Réalisations » de l’association REPER

Mercredi 27 octobre 2010

 

Rencontre avec les collaborateurs-trice-s du secteur “Rue et Réalisations” de l’association REPER. Information sur l’association et ses différents secteurs par son directeur. Présentation en particulier du secteur “Rue et Réalisations” par deux travailleurs sociaux de rue. Echanges  autour des spécificités du travail social hors mur et de celui proposé par l’association REPER. 

Le 14 octobre 2010

Lieu : locaux du Semestre de motivation (SeMo) de REPER, Rte des Daillettes 2B, 1700 Fribourg.

Programme :

  1. Accueil et présentation de l’association REPER par Monsieur Philippe Cotting, directeur et responsable de projet.
  2. Présentation en particulier du secteur “Rue et animations” par Emmanuel Fridez et Daphné Ducrest, travailleur-ses social-es de rue.
  3. Questions et échanges
  4. Poursuite de l’échange autour d’un apéritif offert par l’association REPER.

Bilan de la rencontre :

La rencontre a été marquée par le fort intérêt des membres de Trait d’union. L’inscription en grand nombre de ceux-ci a contraint nos hôtes à déplacer la rencontre dans les locaux du Semo de l’association REPER. Cet événement a permis de visibiliser un autre secteur important de l’association REPER. Monsieur Philippe Cotting, directeur, a tenu à rappeler à cette occasion la forte évolution de l’association ces dernières années. Les cinq secteurs actuels (informations et projets, rue et réalisations, ressources et développement, semestre de motivation et centre de loisirs Fribourg) œuvrent à la promotion de la santé et tentent de développer toutes mesures utiles à la prévention des dépendances et des situations à risque. Tout en s’adressant à un large public, l’association privilégie son action auprès des jeunes. Le site de REPER propose une présentation très complète de l’organisation, son fonctionnement et les actions mises en place. L’attention des membres a été retenue par plusieurs informations : l’intégration récente des centres de loisirs de la ville de Fribourg à l’association; le travail de prévention par des offres de sensibilisation et de formation destinées aux enseignants, éducateurs, organisateurs de fêtes, parents (modèle basé sur l’empowerment des personnes en contact avec les jeunes) et  par la mobilisation des jeunes eux-mêmes (ex: le programme Be my angel : engagement contractualisé d’un jeune à ne pas consommer de l’alcool durant la soirée afin de véhiculer ses amis); les modules éducatifs ou préventifs développés sur le modèle de la détection et de l’intervention précoce auprès de jeunes adressés par différents partenaires (SEJ, CPM, foyers, parents). Dans le cadre de la présentation du Semestre de motivation, un débat s’est ouvert sur l’intégration des jeunes à parcours atypiques dans ce type de programme. Il a été relevé la difficile, voire impossible articulation entre les besoins importants en terme de coaching de ces jeunes et les exigences des offices régionaux de placement (financeurs principaux des SeMos actuellement). L’ensemble de l’assemblée s’est inquiété des critères d’admission ou de résultats de plus en plus excluant pour les jeunes en SeMo. Les questions posées dans le bulletin et rapport d’activité 2009 de REPER rapac2009 ont été reprises : “Au fond pourquoi la formation professionnelle ne s’occupe-t-elle pas de tous les jeunes en recherche d’un métier ? Est-ce qu’un jour tous les SeMos Suisse seront financés par la formation professionnelle et non par le chômage ?” (p.13) Une fois de plus, nous avons pu entendre le souci des travailleurs sociaux quant à l’orientation professionnelle d’une partie importante de jeunes sans projet et des forts risques de stigmatisation par leur intégration dans le système de l’assurance chômage.  

Monsieur Emmanuel Fridez et Madame Daphné Ducrest, travailleur-se social-e de rue ont rebondi sur cette thématique en confirmant se confronter régulièrement aux limites de l’orientation professionnelle des jeunes contactés. Dans ce contexte, les collaborateurs du secteur Rue ont tenu à préciser les quelques ressources propres au travail social hors mur (TSHM) dans la construction du lien avec les jeunes : travail sans mandat, libre adhésion, pas de dossier, respect de la personne, confidentialité, action non-coercitive, action partant de l’individuel pour amener au collectif, refus de l’étiquette. Les travailleurs sociaux présents ont interrogé certaines de ces modalités sous l’angle de la responsabilisation du jeune face à ses comportements et par rapport aux limites de la libre adhésion. Les collaborateurs ont pu ainsi exemplifié ces principes : accompagnement d’une jeune fille pour aller déposer plainte suite à des violences de la part de son ami, également soutenu par le secteur Rue ; passage sur demande de parents à domicile pour échanger sur la situation de leur fils totalement isolé et dépendant aux jeux vidéo, jeune qui à cette occasion sort spontanément de sa chambre pour rencontre l’éducateur présent. Si les collaborateurs travaillent dans la Rue dans des endroits stratégiques (gare, parcs publics) et mobilisent leur sens de l’observation, ils peuvent s’appuyer sur la partie Réalisation du secteur (permanence éducative d’accueil et accompagnement de différents projets sur un modèle communautaire). Le passage de l’In (Réalisation) vers l’Out (Rue) et vice versa est une des richesses du travail de rue proposé par REPER. Enfin, les collaborateurs ont tenu à souligner un outil particulier, lié à leur intégration à REPER : la mobilisation des différents secteurs de l’association (orientation et accompagnement d’un jeune vers un programme de prévention spécifique ou vers le SeMo). Les travailleurs sociaux ont relevé la pertinence de ce travail de réseau de l’intérieur et de cette fonction de coaching du jeune : “d’aller avec”. Ces outils exploités par les travailleurs sociaux sont souvent mis en difficultés par les critères de prise en charge de plus en plus restrictifs des institutions spécialisées et par manque de temps.

La densité des informations reçues et le temps passant ont contraint les membres et l’équipe de REPER à prolonger les échanges dans le cadre de l’apéritif offert. Nous remercions vivement la direction de REPER et les collaborateurs du Secteur “Rue et Réalisations” pour leur accueil et leur disponibilité à la discussion.

Nous encourageons les membres de Trait d’union à prendre connaissance du Powerpoint mis à disposition (cf. presentation-travail-de-rue-reper) et nous faire part de leurs commentaires quant à cette action ou à poser des questions complémentaires en lien au travail social hors mur que nous relayerons aux partenaires concernés.

 

 

 

 

 

 

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Visite du foyer La Sapinière

Jeudi 1 octobre 2009

Visite du Foyer la Sapinière et rencontre avec leurs collaborateurs-trice-s.  Information sur la structure, la population accueillie, la prise en charge et les projets institutionnels. Visite et échanges avec le responsable, le personnel maraîcher, médical et de surveillance. 

 Le 1er octobre 2009

 Lieu : Foyer la Sapinière, 1782 Sugiez

Programme :  

  1. Accueil par Monsieur Thomas Di Falco, Responsable de la Sapinière
  2. Informations et questions sur  la structure, les résidents et l’évolution de la prise en charge offerte. Echange autour des rapports de la Sapinière avec les institutions sociales spécialisées et les structures pénitentiaires.
  3. Visite du lieu de vie et rencontre avec Madame Jocelyne Charrière, infirmière en psychiatrie et Monsieur Gérard Papaux, chef de maison. 
  4. Visite des  lieux d’occupation et rencontre avec Monsieur Roland Guignard, surveillant maraîcher.
  5. Apéritif

Bilan de la visite :

La rencontre a été marquée par le désir de démontrer l’évolution de la structure ces dernières années et la mise en place de liens de collaboration de plus en plus étroits avec le milieu du travail social en général.  Les membres présent ont défendu la nécessité de soutenir à un niveau cantonal une structure d’accueil sous contrainte comme la Sapinière, non excluante et globalisante. Les problématiques des résidents essentiellement masculins sont complexes. Les placements à la Sapinière se font de trois manières :1) mesure de placement pénal se substituant à des peines de détention (souvent en rapportà des personnes rencontrant des  troubles de santé psychique ou de dépendance nécessitant un cadre spécialisé) 2) mesure civile de privation de liberté afin d’assistance par les Justices de Paix pour des personnes se mettant en danger personnellement ou mettant les autres en danger 3) peine de détention pour des courtes peines liée à des amendes impayées ou des infractions non réglées ou à répétition (cf.en partie règlement de 1998 ).  Si les résidents (env. 20 personnes) rencontrent  pour certains des conduites addictives (alcool, drogue dure) ou des troubles psychiques divers, ils doivent tous faire face à des soucis de structuration de leur vie quotidienne ou de leur projet de vie. Ils sont souvent en rupture quant à leur lieu de vie, leur projet personnel ou professionnel et arrivent à la Sapinière suite à de nombreux échecs dans leur processus d’intégration. 

Dans un contexte de sélection de plus en plus important des populations par les institutions dites « spécialisées » et de difficultés à créer du lien dans une relation d’aide contrainte, les demandes d’accueil ne cessent d’affluer. Face à cette réalité et afin de ne pas reproduire les processus d’exclusion, la Sapinière tente depuis deux ans de travailler sur l’accueil des résidents, en privilégiant si possible les processus d’admission et la mise en place de projet individuel au plus proche des ressources de la personne. Ce travail a nécessité de faire évoluer les modalités de prise en charge et de revendiquer l’adaptation des locaux et des moyens supplémentaires d’encadrement. Les problématiques psychiques et de dépendance nécessitent un accompagnement médico-social important et régulier. La Sapinière assume, par exemple, le suivi des programmes de substitution de méthadone.   

Après cet important travail pour légitimer la présence de la Sapinière, comme réelle institution partenaire dans l’accueil sous contrainte de personnes en grande difficultés psychosociales, l’institution va continuer à  travailler à l’aménagement des locaux, à l’amélioration de la prise en charge et des modalités éducative et à la défense d’une prise en charge médicale adéquate. Un budget pour la création d’une aile supplémentaire au bâtiment vient d’être décidé. Il s’agira d’augmenter le nombre de prises en charge mais surtout de pouvoir séparer les personnes placées pénalement et civilement. La question de l’accueil sous contrainte de femmes en grande difficultés restent un problème sur le canton. Nous avons appris lors de la visite qu’un groupe de travail vient de se mettre en place à un  niveau cantonal pour réfléchir à cette question.

Nous remercions vivement l’ensembles des collaborateur-trice-s de la Sapinière pour leur accueil et leur disponibilité à nos questions.

Nous encourageons les membres de Trait d’union à nous faire part de leurs commentaires quant à cette action ou  à poser des questions complémentaires en lien à la Sapinière que nous relayerons auprès du responsable. Nous profitons pour rappeler aux membre que la Sapinière possède un petit magasin au sein des ateliers qui vend directement les produits récoltés (légumes , asperges selon la saison, jus de pomme, etc). La Sapinière s’est lancée également depuis peu dans l’élevage de poisson.